Ich bin ein Berliner

Publié le 11 Juillet 2013

Ich bin ein Berliner

Je suis Suisse. On y parle un dialecte allemand auquel je n'y comprends pas grand chose. A Berlin, par contre, l'allemand y est très doux et conforme à celui que j'ai appris étant gamin. Je commence à le comprendre assez bien. Pourtant, la langue de Goethe recèle certaines complexités difficiles à maîtriser. L'allemand n'est pas l'anglais, cette langue pour les nuls que l'on apprend en quelques mois. Et l'allemand n'est pas non plus l'équivalent de l'italien pour un francophone, cette langue voisine où il suffit de bluffer sur les mots que l'on ne connaît pas. Non, l'allemand avec sa palette infinie de prépositions (en allemand il existe quatre ou cinq possibilités pour dire "à"), avec sa casuistique grammaticale qui finalement la rapproche plus du latin que les langues latines elle-mêmes, son vocabulaire compliqué et hyper technique, ses verbes à la fin des propositions subordonnées, est une langue qui demande véritablement du temps pour être maîtrisée. J'y prends cependant un plaisir certain (entrecoupé il est vrai de périodes de désespoirs). Parmi mes petites victoires, l'autre matin, entre Potsdamer Platz et Check Point Charly, j'ai répondu en allemand à une Américaine qui me posait une question en anglais. Ca n'était pas voulu, c'est sorti tout seul de manière réflexe. J'étais assez fier. Un jour, je le ferai. Je parlerai l'allemand de manière fluide. C'est mon défi personnel. Ich wird es machen ! (Yes we can !)

La ville est une vraie métropole. Mais malgré sa taille immense (elle n'a pas de fin), les Berlinois sont très décontractés. A la couche allemande, se superpose à Berlin une forte communauté dite"néo-Berlinoise" venue de France, d'Angleterre et d'Italie. Il est tout à fait possible d'y boire un vrai espresso italien. (D'ailleurs je dois même pieusement avouer que j'ai bu à Berlin un meilleur espresso que dans toute l'Italie que j'ai pourtant bien visitée). Oui le bar à espresso italien voisine le bar à Sushis japonais. Berlin est fait ainsi. C'est le pendant européen de New York, n'en déplaise à Londres ou à Paris. Berlin, c'est aussi un peu Istanbul. Le Ramadan a commencé hier, et ici à Berlin, l'immense communauté turque était en effervescence à l'approche de la fête qui va durer un mois. Stands de fleurs, dj et musique turque à plein volume devant les échoppes de légumes. Dans certaines rues, on se croirait à Istanbul. L'une de mes professeurs d'allemand est d'ailleurs stamboulite, et auteure de films turcs à relatif succès (primée au Festival de Locarno s'il vous plaît !). Elle est théâtrale. Elle parle fort et gesticule. Une vraie pile électrique. Bref, tout le contraire d'une allemande. Elle viendrait du Caire que cela serait du pareil au même. Mais dans le même temps elle parle parfaitement l'allemand, récite Goethe et Schiller de mémoire et vie à Kreuzberg, un quartier branché de Berlin. Elle a aussi un appartement avec une terrasse qui donne sur la tour de Galata dans le centre historique d'Istanbul. Le mois passé, elle était d'ailleurs sur la place Taksim pour protester. Voilà Berlin.

Berlin la métropole, la décontractée. Moi qui n'aime pas particulièrement les grandes villes, j'aime bien Berlin, du moins l'espace d'un été.

Protestation à Taksim, Istanbul (photo de gauche). Tour et quartier de Galata, Istanbul (photo de droite).Protestation à Taksim, Istanbul (photo de gauche). Tour et quartier de Galata, Istanbul (photo de droite).

Protestation à Taksim, Istanbul (photo de gauche). Tour et quartier de Galata, Istanbul (photo de droite).

Rédigé par Monsieur Yves

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