Die glückiche Überraschung
Publié le 4 Août 2013
Il y a un peu plus d'une année, j'avais acheté une monographie sur la collection Berggruen, l'une des plus prestigieuse et mieux fournie en œuvres de Pablo Picasso. Évidemment, j'avais lu et appris à l'époque que Berggruen était Allemand et que sa collection se trouvait dorénavant à Berlin. Lu, appris et depuis longtemps oublié. Et pourtant ce n'est pas faute d'avoir souvent consulté ce livre. Mais je n'ai pas le sens du détail, et des prestiges personnelles - un collectionneur est un amoureux de l'art certes, mais aussi et bien souvent un personnage tout ce qu'il y a de plus vaniteux. Et j'imagine que vous me comprenez, dans un livre d'art, on regarde avant tout les reproductions des tableaux, rarement on en lit le texte. Ou ne suis-je pas comme tout le monde ? Pour l'anecdote l'une des premières image que j'ai posté sur ce blog était tirée de cet ouvrage. A consulter ici.
Il y a des gens qui planifient leurs voyages méticuleusement, il y en a d'autres - dont je suis - qui ont beau avoir acheté le guide, ne le lisent qu'une fois sur place et se laissent avant tout guider par l'instinct ou alors, un certain hasard. Qu'elle ne fut donc pas ma surprise ce matin au déjeuner, que de découvrir que la dite et fameuse collection Berggruen se trouvait à cinq stations de métros (moyennant un changement de ligne) de chez moi. Un peu plus d'une demie-heure plus tard, et moyennant un billet d'entrée de cinq euros, je me retrouvais face à 150 oeuvres - dont une bonnes vingtaine comptent parmi mes préférées - de cet artiste espagnol qui me fascine tant. Voilà un avantage d'habiter une capitale culturelle : les provinciaux admirent Picasso dans les livres, les citadins vont directement le voir au musée.
La collection est large et couvre toutes les époques de l'artiste. Je passe rapidement dans les salles de son cubisme radical que je n'ai jamais aimé, pour m'attarder largement devant ses gravures, ses dessins, ses tableaux périodes bleue, rose et nègre, ses pastelles néo-classiques, ses portraits de Dora Maar, quelques céramiques et sculptures dont le Merle que j'aime beaucoup (cf. photo de titre). Le tout mis en perspective avec quelques œuvres d'art ethnique du Niger, d’Éthiopie ou du Burkina. Bref, une collection de toute beauté vers laquelle je vais revenir.
Et pour alimenter le tout, le musée présente également quelques très belles sculptures du Suisse Giacometti, un film super 8 du sculpteur dans son atelier, et un pavillon extérieur dédié à Cézanne, Matisse et Paul Klee. Bon, les pièces de Cézanne et Matisse comparativement à la collection Picasso sont relativement pauvres, et je ne sais pas pourquoi mais Matisse fait partie de ses artistes dont je suis à chaque fois déçu de voir sa peinture en vrai. Ses tableaux d'après guerre donnent mieux en photos ! Aller, savoir pourquoi ? Quant à Paul Klee, j'étais à bout de force et vu que je n'aime pas du tout son œuvre, je me suis permis l'affront de le bouder.
A Berlin, en matière d'art, on peut même se permettre de faire les gourmets.
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