Berlin ist toll und wartet immer auf dich
Publié le 23 Août 2013
J'ai le sentiment peut-être biaisé par le joli voyage que je fais ici, que l'anglais est une langue qui "a été". J'ai l'impression dans ce "New York" européen qu'est devenu Berlin, qu'aujourd'hui, du moins en Europe, il est carrément de bon ton de savoir l'allemand. Parler l'allemand, est dans tous les cas ce qui me permet de me donner quelque peu un sentiment de distinction de la masse des touristes lambdas. J'ai d'ailleurs en horreur quand l'on me répond en anglais, que cela soit à la caisse d'un magasin ou dans la rue. "Auf Deutsch bitte!".
A ce propos, mon allemand commence enfin à ressembler à quelque chose et n'a jamais été aussi bon. Je peux sortir toute une soirée et parler un allemand que je ne qualifierai pas de langue de Goethe pour autant. Effectivement, mon parlé est encore assez mal dégrossi. J'invoquerai pour excuses déjà dites que la langue est vraiment difficile, avec ses verbes à la fin des subordonnées, ses déclinaisons compliqués et sa palette infinie de prépositions (pour illustrer ce dernier propos, sachez qu'en allemand pour dire la phrase : "de la fenêtre de ma chambre, je vois un immeuble", l'on dit "de la fenêtre de ma chambre dehors, je vois un immeuble vers !", soit l'utilisation de 3 prépositions pour une simple phrase où le français n'en utilise qu'une seule ! Verrückt ! (la folie!) :-)
Je n'économise donc pas le nombre des mes fautes, mais je me fais souvent bien comprendre, et surtout, j'ai de moins en moins honte de parler. Je m'exprime donc dorénavant en allemand, avec son lot d'imperfection, mais avec l'avantage du charme latin. L'accent francophone est beaucoup apprécié ici, "das ist nicht nur so schick, aber auch sehr sexy !".
La ville me plaît de plus en plus au fil de mes découvertes, et cela malgré la lumière de fin août qui a rapidement viré à l'automne. Nous sommes au nord, mais cela a son charme malgré tout. Je commence même à pouvoir imaginer vivre ici quelques années de ma vie. Et pour ceux qui connaissent mon désamour des villes, cela leur paraîtra assez surprenant. A moi aussi, je leur dirai pour les rassurer. De toute façon, cela est une toute autre et très longue histoire à venir. Et rêver et se projeter en imagination est une activité qui ne coûte rien, Dieu merci.
J'aime Berlin, et l'émotion qu'éveille en moi cette dernière pleine lune de mon séjour ici, m'emplit d'une nostalgie certaine à l'idée de rentrer. En Valais, je vais retrouver la grandeur d'un ciel pleins d'étoiles, une certaine lumière et l'antiquité des montagnes éternelles. Mais je laisse ici une part certaine de moi-même. Dorénavant la belle Italie a une concurrente nordique dans mon cœur. Je fais donc la promesse solennelle que rapidement, je reviendrai.
Rideau. Le pathétique me gagne et les larmes coulent le long de mes joues.
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